Quel avenir pour nos métiers face à l’intelligence artificielle ?

Bonnetier, allumeur de réverbères, poinçonneur, télégraphiste : sur Wikipédia, la liste des anciens métiers se lit comme un petit musée du travail d’autrefois. Des professions qui rythmaient le quotidien, avant de s’effacer au fur et à mesure. Et dans cinquante ans, quels métiers d’aujourd’hui viendront allonger cette liste ?

La question de l’avenir du travail n’a jamais paru aussi présente. Quels métiers vont évoluer, lesquels vont disparaître, lesquels vont apparaître ? Difficile d’y voir clair, surtout depuis que l’intelligence artificielle s’est invitée dans le débat. Faisons le tour de la question, pour mieux comprendre ce qui nous attend et nous projeter avec plus de sérénité.

Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui sur le marché du travail ?

L’intelligence artificielle est le grand bouleversement du moment. 

Sa progression fulgurante et son adoption massive inquiètent. Depuis des années déjà, l’IA équipait nos machines et nos logiciels sans faire de bruit, mais désormais, elle occupe une place bien plus visible. Elle est présente dans un nombre croissant de métiers, au point qu’il devient difficile de suivre le rythme.

Faut-il en conclure à une vague de disparitions d’emplois ? Il ne faut pas céder à la panique, et faire preuve de modération. D’après Antonin Bergeaud, économiste à HEC et lauréat du prix du meilleur jeune économiste 2025, moins de 10 % des emplois seraient réellement menacés par le déploiement de l’IA générative.

Le marché du travail évolue, comme il l’a toujours fait ! 

Un métier peut disparaître quand sa raison d’être n’est plus : la tâche sur laquelle il reposait a été automatisée, ou l’usage auquel il répondait n’existe plus. Prenons l’exemple du péage d’autoroute. Avec la démocratisation des paiements en carte bancaire, les sociétés d’autoroutes ont cherché à adapter le passage des barrières de péage à l’évolution des usages et ont automatisé quasiment tous les guichets.

Mais un métier peut aussi se transformer, et c’est le cas le plus fréquent. Le cœur du métier demeure, mais les outils changent et le périmètre se redessine. 

  • Les comptables n’ont pas disparu quand les logiciels ont pris en charge la saisie : le conseil et l’analyse ont pris une place croissante dans le métier. 
  • Le personnel de caisse voit une partie de ses gestes basculer vers les caisses automatiques, tandis que son rôle glisse vers l’accueil et l’accompagnement de la clientèle
  • Avec une partie des réservations qui ont basculé vers les plateformes en ligne, l’agent·e de voyage se concentre sur le conseil, les itinéraires sur mesure et la gestion des imprévus.

 

Il ne faut donc pas voir la “fin” d’un métier comme une impasse. Cela ne signifie pas, pour la personne qui occupait le poste transformé ou disparu, que ses compétences n’ont plus aucune valeur. Certaines d’entre elles sont transférables et peuvent rester utiles au-delà du métier d’origine ! 

Les employeurs ont aussi un rôle à jouer pour accompagner ces transformations, notamment lorsqu’elles imposent aux salariés de faire évoluer leurs compétences ou d’envisager une reconversion. Dans un article publié en 2012, la DRH de Vinci Autoroutes indiquait que le remplacement des péagistes par des automates n’avait entraîné ni licenciement ni mutation forcée. Le personnel volontaire a pu suivre une formation pour se réorienter.

À La Gravelle, en Mayenne, la fermeture du péage a supprimé les postes en cabine. Dans cet article de Ouest-France, l’une des dernières guichetières recrutée en 2008 indique qu’en une dizaine d’années, elle a déjà effectué quatre métiers différents.

Les gens changent de métier, se forment, rebondissent. C’est peut-être ça, le travail d’aujourd’hui ! De quoi interroger une vieille certitude : celle du métier que l’on choisirait une fois pour toutes et que l’on devrait exercer toute sa vie.

Choisir un métier pour la vie, mission impossible ?

Le schéma de carrière classique (entrer dans une boîte et y rester jusqu’à sa retraite ou pendant des années) se fait de plus en plus rare.

D’une part, car les attentes ont changé. Beaucoup de personnes cherchent autre chose dans leur travail : plus de sens, un meilleur équilibre vie pro/vie perso, plus de temps, plus de flexibilité.

D’autre part, car le marché de l’emploi en lui-même évolue, pour des raisons diverses (économiques, écologiques, sociétales, géopolitiques). Aujourd’hui, près de 8 embauches sur 10 dans le secteur privé sont des contrats courts : un indicateur parmi d’autres d’un marché du travail où les parcours professionnels sont devenus plus mouvants. 

En 2023, la moitié de la population active envisageaient un changement professionnel ! Toutes les générations sont concernées, des personnes en début de carrière aux plus expérimentées. Les jeunes se distinguent sur un point : ce sont celles et ceux qui se projettent le moins loin. En 2025, un tiers des personnes en emploi se voient rester cinq à dix ans à leur poste (33 %, contre 30 % en 2024). La génération Z voit plus court encore : 27 % se projettent un à deux ans sur un même poste, 41 % trois à quatre ans.

Les changements de voie peuvent d’ailleurs intervenir aux prémices de la vie professionnelle. D’après une étude du Céreq, près d’un quart des jeunes ayant terminé leur formation en 2017 (24 %) ont changé de voie au cours de leurs premières années de vie active, et plus d’un tiers y ont songé (36 %). Une reconversion précoce, portée par la recherche d’autre chose qu’un simple salaire :

  • le décalage ressenti entre leur poste et leur formation ;
  • l’attirance pour un autre domaine ;
  • la quête de sens ;
  • l’envie d’un meilleur équilibre et de meilleures conditions de travail ;
  • une meilleure rémunération.

 

La clé pour naviguer (plus) sereinement à travers ces changements ? L’adaptation ! Dans un monde du travail qui évolue rapidement, entretenir et faire évoluer ses compétences permet de mieux se préparer aux transformations de son métier. Mieux vaut se former, suivre les évolutions et accepter que le monde bouge, nous avec.

Selon le moment de la vie professionnelle, plusieurs dispositifs existent pour accompagner ces questionnements.

  • En début de carrière : un accompagnement en orientation, pour explorer les possibles sans s’enfermer trop tôt dans une voie étroite.
  • En cours de carrière : le bilan de compétences, pour faire le point, repérer ses compétences transférables et envisager une évolution ou une reconversion.
  • Pour valoriser une expérience : la VAE (validation des acquis de l’expérience), qui permet de faire reconnaître les compétences acquises au cours de son parcours afin d’obtenir tout ou partie d’une certification professionnelle.
  • Pour progresser sur des compétences ciblées : la formation professionnelle ou le coaching de carrière.

 

Un bon projet professionnel tient compte de plusieurs choses à la fois : ses aptitudes et ses envies d’un côté, l’état du marché de l’autre. Autant, alors, regarder du côté des métiers qui recrutent et offrent de vraies perspectives.

Quels sont les métiers porteurs d’avenir ?

Tous les métiers d’avenir ne se valent pas, et le plus prometteur n’est pas toujours celui qu’on croit.

La tech : numérique, data, IA, cybersécurité

Ces domaines offrent effectivement des perspectives importantes. Selon la DARES, les métiers de l’ingénierie de l’information figurent parmi les quinze métiers comptant le plus de postes à pourvoir, avec une forte création nette d’emploi d’ici 2030 (+115 000 entre 2019 et 2030). 

Ces filières attirent toutefois de nombreux jeunes en sortie d’études, et comme les services aux entreprises (juridique, comptabilité, conseil), leur activité suit de près la conjoncture économique. Le domaine du numérique est donc porteur, mais plus disputé qu’il n’y paraît.

La DARES projette que d’ici 2030, environ 760 000 postes seront à pourvoir chaque année. Neuf sur dix correspondent au remplacement des départs à la retraite, et non à des créations d’emplois. Un métier peut aussi offrir de réelles opportunités sans nécessairement être un métier nouvellement créé ou associé aux dernières innovations technologiques.

Le soin, la santé et les services à la personne

Infirmier·ères, sages-femmes et aides-soignant·es figurent parmi les métiers qui créeront le plus de postes d’ici 2030, juste devant les aides à domicile (environ 100 000 emplois de plus). Avec une population vieillissante, les besoins ne risquent pas de diminuer. Malheureusement, c’est un secteur qui attire peu, en raison de la rémunération jugée insuffisante, d’un manque d’équilibre, de reconnaissance et des conditions de travail difficiles.

Le bâtiment et les travaux

Dans son rapport “Les métiers en 2030”, la DARES explique qu’après une longue période de repli, le BTP a retrouvé la croissance, avec près de 190 000 postes créés entre 2019 et 2030, portés par la rénovation énergétique des bâtiments. Dans les métiers de maçon, couvreur, charpentier, chauffagiste, conducteur de travaux : on cherche à tous les niveaux. La main-d’œuvre qualifiée, en particulier, manque, faute de relève formée pour remplacer les départs.

L’industrie

L’industrie, longtemps en déclin, tient bon : sa part dans l’emploi se stabilise, portée par un recentrage sur des activités stratégiques comme la pharmacie, l’informatique ou les transports de demain. Soudeur·euses, chaudronnier·ères, technicien·nes, ingénieur·es : le secteur traîne une image dépassée qui cache des besoins réels et des salaires souvent plus intéressants qu’on ne le pense. 

Vous l’aurez compris, les trois derniers secteurs évoqués reposent sur des métiers de terrain, qu’une machine ne remplace pas (ou mal) et qui sont difficiles à délocaliser. Ce sont aussi globalement des domaines boudés par les candidat·es. Sur ce dernier point, c’est aux entreprises de renforcer l’attractivité de ces postes (horaires, rémunération, valorisation, plan de formation, etc.).

Comment aborder l’avenir du travail plus sereinement ?

Face à tous ces bouleversements, une question compte plus que les autres : de quoi serez-vous capable demain ? Les métiers changent, à nous aussi d’évoluer avec eux. 

Cette évolution, c’est en grande partie l’IA qui l’accélère. Ces derniers temps, elle est au cœur de tous les débats. Si elle ne signifie pas nécessairement la disparition de métiers entiers, elle peut en revanche automatiser certaines tâches et transformer profondément la manière de les exercer. Certains emplois sont davantage exposés que d’autres, notamment lorsqu’ils comportent une part importante de tâches répétitives ou facilement automatisables.

Dans ce contexte, la formation et le développement des compétences deviennent essentiels pour permettre à chacun de s’adapter à ces transformations. 

Les compétences et le savoir-faire sont un bagage précieux dont on doit prendre soin. Le problème, c’est qu’on oublie vite ce qu’on sait faire. Quand une compétence ne sert plus, ou qu’on l’exerce sans même y penser, elle finit par sortir de notre radar. On la sous-estime, parfois on l’ignore complètement.

Faire le point sur ses acquis n’a pourtant rien d’accessoire. On y gagne un regard clair sur son parcours et on aborde la suite avec plus d’assurance, même quand l’avenir est incertain. C’est tout l’objet de la première phase d’un bilan de compétences : prendre le temps de regarder d’où l’on vient, ce qu’on sait faire, ce qui nous anime. Cette prise de recul, mêlée à un travail sur soi, sur ses valeurs et sa personnalité, aide à lever les doutes et à choisir sa voie avec plus de sérénité.

ASENSILE accompagne les personnes et les entreprises qui souhaitent mieux anticiper ces évolutions et s’y adapter. Avec des accompagnements individuels comme le bilan de compétences, la VAE, le coaching ou le bilan jeune et des solutions collectives comme la formation, nous aidons chaque personne à mieux comprendre ses ressources, développer ses compétences et construire la suite de son parcours professionnel. 

Vous vous interrogez sur l’avenir de votre métier ? Contactez-nous, nous prendrons d’abord le temps de comprendre vos besoins afin d’identifier avec vous l’accompagnement le plus adapté.