Quelles sont les aides financières pour la reconversion professionnelle ?

Dimanche soir, 22h30. Vous regardez votre téléphone en soupirant. Demain, c’est lundi. Et comme tous les lundis depuis des mois, l’idée de retourner au bureau vous serre l’estomac. « Il faut que je change de métier », vous répétez-vous. Mais entre l’envie et la réalité, il y a ce gouffre financier qui vous paralyse.

Cette situation touche une majorité de Français. L’envie de reconversion n’a jamais été aussi forte, mais le frein financier reste le premier obstacle pour beaucoup de candidats au changement. Une étude de l’Ifop pour Indeed révèle que 93% des actifs français ont déjà pensé à se reconvertir, mais seulement 39% passent à l’acte¹.

Pourtant, changer de vie professionnelle sans se ruiner, c’est possible. En 2026, les dispositifs d’aide n’ont jamais été aussi nombreux et accessibles. Entre le CPF, le PTP, les aides régionales et les nouveaux dispositifs, vous disposez d’un arsenal complet pour financer votre projet.

Ce guide vous donne toutes les clés pour transformer votre rêve de reconversion en plan d’action concret et financé.

Pour les salariés :

  • PTP : 100% du salaire maintenu pendant 12 mois maximum
  • CDD de reconversion : pour tester un métier sans perdre son poste initial (nouveau en 2026)
  • Démission-reconversion : pour conserver des droits au  chômage après une démission

 

Pour les demandeurs d’emploi :

  • ARE-Formation : maintien des allocations pendant la formation
  • AIF : jusqu’à 8 000 € d’aide pour les frais de formation
  • RFFE : 712 €/mois pour les demandeurs d’emploi non-indemnisés
  • RFF : pour prolonger ses allocations en fin de formation

 

Pour les travailleurs indépendants :

  • FAF : aide au financement selon votre secteur d’activité
  • ARCE : 45% des allocations France Travail disponibles en capital pour créer ou reprendre une entreprise

 

Pour tout le monde :

  • CEP : accompagnement gratuit et personnalisé
  • Aides régionales : 500 à 3000 € selon votre territoire
  • Bilan de compétences : pour faire le point sur ses compétences et ses envies
  • Le CPF : un dispositif universel, abondé chaque année pour financer vos formations

Le CPF, une aide à la reconversion accessible à tous

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un dispositif accessible à tout moment de la vie active, même lorsqu’on est demandeur d’emploi. Il est alimenté chaque année en euros, selon la situation de chacun. 

Pour une année de travail à temps plein, le montant est de 500 euros, dans la limite du plafond de 5 000 euros. Pour les actifs peu ou non qualifiés, ainsi que les travailleurs handicapés, le montant versé est de 800 euros par an, avec un plafond de 8 000 euros². Pour les emplois à temps partiel, le calcul est effectué au prorata.

Depuis le 1er janvier 2026, une participation forfaitaire obligatoire de 103,20 euros s’applique lors de l’utilisation de votre CPF (montant revalorisé chaque année selon l’inflation)³. Cette participation ne s’applique pas aux demandeurs d’emploi, aux bénéficiaires d’un financement employeur ou OPCO, ni aux agents de la fonction publique.

Votre CPF permet de financer de nombreux projets de reconversion à travers : 

  • des formations certifiantes inscrites au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), dispensées par des organismes certifiés Qualiopi,
  • un bilan de compétence
  • un accompagnement VAE, 
  • des formations à la création d’entreprise, 
  • le permis de conduire pour certains métiers. 

Cette diversité vous permet d’adapter le dispositif à votre projet spécifique.

Le CPF peut être mobilisé quand vous le souhaitez, que vous soyez en CDI, en CDD, indépendant ou en recherche d’emploi. Si votre solde n’est pas suffisant, il est possible de compléter le montant avec ses fonds personnels ou de solliciter l’aide d’autres organismes, comme Pôle Emploi ou le conseil régional par exemple.

Nouveau en 2026 : le CDD de reconversion

2026 marque l’arrivée d’un dispositif pour les salariés tentés par la reconversion : le CDD de reconversion⁴.

Cette nouveauté législative transforme la donne en permettant d’explorer un nouveau métier sans prendre le risque de perdre son emploi actuel.

Le principe est simple : votre contrat de travail initial est suspendu (et non rompu) pendant que vous signez un CDD d’au moins 6 mois avec une entreprise d’accueil.

Cette période vous permet de découvrir concrètement un secteur, de confirmer votre projet et d’acquérir de nouvelles compétences certifiantes. Si l’expérience ne vous convient pas, vous retrouvez votre poste initial ou un poste équivalent avec un salaire au moins identique.

Ce dispositif s’adresse à tous les salariés sans condition d’âge ou d’ancienneté.

Il nécessite un accord écrit avec votre employeur d’origine qui définit les modalités de suspension, notamment la compensation éventuelle d’écart de rémunération et les conditions de retour anticipé en cas d’échec.

L’entreprise d’accueil, elle, vous recrute pour une mission réelle tout en organisant un parcours de formation de 150 à 450 heures

Les aides à la reconversion pour les salariés

Il n’est pas toujours facile de se lancer dans un projet de reconversion professionnelle, notamment quand on est en CDI. À cet effet, plusieurs solutions sont à votre disposition, vous permettant de continuer à percevoir votre rémunération tout en vous formant.

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)

Le PTP constitue le dispositif de référence pour changer complètement de métier tout en conservant sa sécurité financière. Il vous permet de suivre une formation longue dans un domaine totalement différent de votre emploi actuel, avec maintien de votre salaire et de votre protection sociale.

Conditions d’accès en 2026 :

  • CDI : 2 ans d’ancienneté dont 1 an dans l’entreprise
  • CDD : 24 mois en CDD dans les 5 dernières années dont 4 mois dans l’année
  • Intérim : 1600 heures dans les 18 derniers mois dont 600 dans l’entreprise

 

Rémunération pendant la formation :

  • 100% du salaire si celui-ci est inférieur ou égal à 3 646,07 € (2 SMIC).
  • Au-delà : 90% jusqu’à 2 fois le SMIC, puis 60% pour la partie excédentaire

 

Votre employeur peut refuser les dates mais pas le principe de formation. En cas de refus, il doit proposer un report de 9 mois maximum. Cette protection légale vous assure de pouvoir concrétiser votre projet.

Deux personnes qui signent des papiers administratifs en vue d'avoir une aide pour une reconversion professionnelle

Le Plan de Développement des Compétences (PDC)

Cette démarche est généralement à l’initiative de l’employeur, mais tout salarié peut en faire la demande. Le PDC ne s’applique qu’à l’acquisition de compétences en rapport avec le secteur d’activité de l’employé. L’objectif est de développer ses compétences afin d’effectuer une reconversion en interne. 

Avec ce dispositif, la rémunération du salarié est maintenue, et les frais attenants à la formation (hébergement, repas, transport), sont à la charge de l’employeur.

Le Pro-A

Aussi appelé reconversion ou promotion par l’alternance, le Pro-A offre la possibilité d’allier la formation théorique et la pratique. Il s’adresse aux personnes dont le niveau de certification est inférieur à la licence (bac +3). 

Le Pro-A peut être sollicité en complément du CPF. De cette manière, le salarié suit une formation tout en travaillant et en apprenant de nouvelles compétences. Les titres accessibles sont notifiés dans l’accord collectif de branche de l’employé. Le Pro-A est une aide permettant donc la reconversion en interne uniquement. Les formations effectuées avec ce dispositif donnent lieu au maintien de la rémunération du salarié.

Le dispositif Démission-Reconversion

Depuis 2019, le dispositif démission-reconversion permet aux salariés de démissionner de leur CDI pour réaliser un projet de reconversion professionnelle tout en conservant des droits aux allocations chômage.

Pour bénéficier de ce dispositif, votre projet de reconversion doit être considéré comme « réel et sérieux » par une Commission Paritaire Interprofessionnelle Régionale (CPIR), organisme géré conjointement par les partenaires sociaux et chargé d’évaluer les projets de reconversion.

Concrètement, vous devez justifier d’au moins 5 ans d’activité salariée continue et présenter un projet nécessitant l’acquisition de nouvelles compétences, que ce soit par la formation, la VAE ou la création d’entreprise.

La procédure exige un accompagnement préalable par un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP) qui validera la cohérence de votre démarche. Une fois votre démission effective, vous disposez de 6 mois pour déposer votre demande d’allocations auprès de France Travail. Si elle est acceptée, vous percevrez vos allocations chômage selon les conditions habituelles.

Les aides financières pour la reconversion des demandeurs d’emploi

France Travail (ex-Pôle Emploi) propose différentes aides à la reconversion à destination des demandeurs d’emploi. Ces dernières permettent soit le maintien de la rémunération ou le financement de la formation. Voici quelques dispositifs dont peuvent bénéficier les personnes indemnisées ou non, qui souhaitent se former pour changer de métier.

L’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi Formation (ARE-F)

Cette aide est accordée aux personnes allocataires de l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE). Dans le cadre d’une reconversion, l’ARE-F est versée pendant la formation. Celle-ci doit être qualifiante ou diplômante et inscrite au Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE) ou bien financée en totalité ou partiellement par le CPF. Ainsi, le demandeur d’emploi continue de percevoir son indemnisation, même pendant sa formation. 

 

Ce système s’applique également aux autres types d’allocations, à savoir :

  • L’Allocation de Sécurisation Professionnelle (ASP) ;
  • L’Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI).

La Rémunération des Formations de France Travail (RFFT)

Certaines personnes ne sont pas indemnisables par France Travail, comme c’est le cas dans le cadre d’une démission. Cette aide à la reconversion professionnelle leur est destinée, et leur permet de recevoir une allocation le temps de leur formation. Le montant mensuel de la RFFT est de 769,49€ maximum en 2026. 

Pour y être éligible, il faut que la formation soit validée, financée ou cofinancée par France Travail. Les formations qualifiées de “dispositifs spécifiques” comme le bilan de compétences ou l’accompagnement à la VAE en sont cependant exclues.

L’Aide Individuelle à la Formation (AIF)

L’AIF prend en charge les frais pédagogiques de formation, totalement ou partiellement. Elle peut compléter d’autres financements ou abonder votre CPF. Le montant maximum est fixé à 8 000 euros par dossier.

Cette aide s’adresse aux demandeurs d’emploi indemnisés ou non, ainsi qu’aux personnes en accompagnement dans le cadre de dispositifs spécifiques (CRP, CTP, CSP). Votre conseiller France Travail évalue chaque demande au regard de votre projet professionnel.

La Rémunération de Fin de Formation (RFF)

Si votre formation se prolonge au-delà de vos droits aux allocations chômage, la RFF prend le relais pour éviter toute rupture de revenus. Ce dispositif est maintenu pour les formations prescrites jusqu’au 31 décembre 2026.

Cette sécurisation permet d’aller au bout de votre formation sans s’inquiéter de l’épuisement de vos droits initiaux.

Trouver des aides pour faire sa reconversion professionnelle

Les aides à la reconversion pour les travailleurs indépendants

Les Fonds d'Assurance Formation (FAF)

Selon votre secteur d’activité, vous cotisez auprès d’un FAF spécifique (FIFPL pour les professions libérales, AGEFICE pour les commerçants, etc.). Ces organismes peuvent financer vos projets de reconversion avec des montants variables selon les secteurs.

L'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI)

Sous conditions de revenus strictes, cette allocation spécifique aux indépendants peut vous accompagner pendant votre formation. Les conditions d’attribution sont précises et dépendent de votre situation financière antérieure.

L'Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise (ARCE)

Si vous passez du salariat à l’indépendance, l’ARCE transforme 45% de vos allocations chômage en capital de démarrage. Cette aide facilite le financement de votre nouvelle activité lors d’une reconversion entrepreneuriale.

Les aides régionales

Chaque région développe ses propres dispositifs d’aide à la reconversion, souvent plus généreux que les dispositifs nationaux. Ces aides de proximité présentent l’avantage d’être calibrées selon les spécificités économiques locales.

Les montants varient de 500 à 3 000 euros selon les régions et les publics ciblés. Par exemple, la région Bretagne accorde une aide de 411 € à 987 € par versement, selon la durée de la formation et le quotient familial. La région Ile-de-France accorde aux demandeurs d’emploi qui choisissent de se former dans un secteur dit en tension, une aide de 200 à 2 000 € selon les cas.

La complémentarité avec les dispositifs nationaux constitue un atout majeur. Ces aides peuvent abonder votre CPF, financer des frais annexes non couverts ailleurs, ou prendre en charge des formations spécifiques non éligibles à d’autres dispositifs.

Les aides humaines : ne restez pas seul dans votre reconversion​

Les aides humaines, à ne pas négliger dans son projet de reconversion professionnelle

Le Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP)

Le CEP constitue un service public gratuit, confidentiel et personnalisé accessible à tous les actifs. Ce dispositif vous accompagne de la réflexion initiale jusqu’à la concrétisation de votre projet.

Qui peut être votre conseiller CEP :

  • Salariés du privé : Avenir Actifs (opérateurs régionaux mandatés par France Compétences)
  • Cadres : APEC (en activité ou en recherche d’emploi)
  • Demandeurs d’emploi : votre conseiller France Travail
  • Jeunes de moins de 26 ans : Missions locales
  • Travailleurs handicapés : Cap Emploi

 

Votre CEP vous aide à clarifier votre projet, valider sa faisabilité économique, identifier les financements adaptés et vous orienter vers les organismes compétents. Cet accompagnement se poursuit jusqu’à l’aboutissement de votre reconversion.

Le bilan de compétences

Le bilan de compétences constitue une démarche méthodique étalée sur plusieurs mois qui vous permet d’identifier vos compétences transférables, d’explorer différentes orientations et de reprendre confiance en vos capacités.

Cette approche structure votre réflexion en trois phases :

  • exploration de vos motivations et contraintes,
  • investigation approfondie de vos compétences et des opportunités du marché,
  • synthèse formalisée de votre projet professionnel.

 

Le bilan débouche sur un document écrit qui argumente votre projet et détaille un plan d’action concret. Il peut être financé par votre CPF et constitue souvent un préalable utile à une demande de financement plus importante.

Le coaching professionnel

Si votre projet est déjà défini mais que vous rencontrez des blocages spécifiques, le coaching professionnel vous aide à avancer. Cette approche personnalisée se concentre sur des objectifs précis : décrocher un entretien, négocier votre formation, gérer le stress du changement.

Les séances s’adaptent à votre rythme et à vos priorités immédiates, permettant d’ajuster l’accompagnement selon l’évolution de vos besoins.

Votre reconversion professionnelle n’est plus un rêve inaccessible. Pour obtenir des informations spécifiques sur les aides, nous vous conseillons de vous rapprocher de votre DRH si vous êtes salarié, ou de votre conseiller France Travail si vous êtes demandeur d’emploi. Selon votre situation, des aides supplémentaires peuvent être envisagées, notamment de la part de votre région. Les dispositifs disponibles offrent une palette de solutions adaptées à toutes les situations. L’obstacle financier, premier frein au changement, se lève grâce à ces aides nombreuses et complémentaires.

L’étape suivante vous appartient. Un bilan de compétences vous aidera à clarifier votre projet et à identifier les financements optimaux. ASENSILE vous accompagne dans cette démarche avec des consultants qui maîtrisent les subtilités de la reconversion et vous guident vers l’épanouissement professionnel.

Deux femmes qui discutent des solutions d'aides à la reconversion professionnelle

Sources :

  1. Ifop pour Indeed, « Les Français et la reconversion professionnelle », 2024
  2. Service Public, « Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé », janvier 2026
  3. Arrêté du 30 décembre 2025 fixant le taux de revalorisation de la participation obligatoire au financement des formations éligibles au CPF pour 2026
  4. Mise à jour du 1er janvier 2026 de l’Article L. 1242-3, 5° du Code du travail